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Arts et cultures

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Arts et cultures

L’Escurial rouvre ses musées après une décennie de fermeture

Madrid. Les musées de peinture et d’architecture de l’Escurial, près de Madrid, ont rouvert le 2 octobre après plus de onze ans de fermeture. L’organisme public Patrimonio Nacional a consacré 3,1 millions d’euros à leur refonte, financée en grande partie par des fonds européens. Le nouvel accrochage du Musée de peinture, comprenant une centaine d’œuvres, adopte une lecture chronologique des collections royales. Ce parcours prend place au sein du monastère royal de San Lorenzo de El Escorial, vaste ensemble du XVIᵉ siècle édifié sous Philippe II, qui réunit palais, monastère, basilique, bibliothèque et panthéon royal.

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Lyon choisit un avenir culturel pour le musée Guimet

Lyon. La Ville de Lyon a retenu la reconversion de l’ancien musée Guimet en équipement culturel et événementiel. Fermé depuis 2007, le bâtiment d’une surface de 9 000 m² accueillerait expositions temporaires, formats immersifs et événements professionnels. Sa rénovation, estimée entre 40 et 50 millions d’euros, comprend désamiantage, mise aux normes et interventions structurelles. Un appel à intentions doit être lancé d’ici au mois d’avril 2027, pour une ouverture envisagée en 2032-2033.

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À Lunéville, la Favorite, nouveau château détruit par un incendie

Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Le château de la Favorite a été ravagé dans la nuit du 5 au 6 octobre. Classé monument historique en 2011 et propriété privée en 1999, cet édifice du XVIIIe siècle était à l’abandon depuis plusieurs années. Vingt-cinq pompiers ont été mobilisés ; seules subsistent une partie des murs extérieurs et quelques cheminées. Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine du sinistre. En 2003, le château de Lunéville, ancienne résidence des ducs de Lorraine, avait lui aussi été ravagé par un incendie, provoqué par un court-circuit dans sa chapelle. Sa restauration se poursuit encore aujourd’hui : 50 millions d’euros ont déjà été engagés et 15 millions supplémentaires sont prévus d’ici sa réouverture prévue en 2028.

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La villa Marmottan, une « petite villa médicis »

Après cinq ans de restauration, la demeure de style Empire sise à Boulogne rouvre avec une programmation enrichie et des résidences pour artistes et chercheurs. Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). À l’intérieur, tout n’est que dorures, livres anciens et lustres étincelants. Pourtant, dans la belle demeure de style Empire, le patrimoine n’a jamais autant cohabité avec la création contemporaine. C’est ce dialogue, précisément, qui sous-tend l’ensemble du chantier mené sous l’égide de l’Académie des beaux-arts, propriétaire des lieux. Cinq années de chantier et 10 millions d’euros investis ont permis de rouvrir, le 6 octobre, la bibliothèque et villa Marmottan au public, mais aussi, avant cette date, à la recherche et à la création. « Restaurer un bâtiment, c’est aussi restaurer sa fonction. Et c’est ce que l’on fait ici en organisant des concerts et des conférences, en encourageant les chercheurs et les artistes, en faisant de ce site un lieu de vie ! », se réjouit Adrien Goetz, historien de l’art et académicien, qui y exerce ses fonctions de directeur depuis six ans.

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Bilbao achève l’extension de son Musée des beaux-arts

Bilbao (Espagne). Le Musée des beaux-arts de Bilbao a rouvert au public le 6 octobre après quatre ans de travaux. Conçue par Norman Foster et Luis María Uriarte, l’extension « Agravitas » ajoute plus de 6 000 mètres carrés au complexe et 2 300 mètres carrés aux surfaces d’exposition. Le chantier, dont le coût a atteint près de 45 millions d’euros, comprend un volume suspendu de 55 mètres au-dessus des bâtiments datant de 1945 et 1970 et un nouvel atrium de 1 000 m². Les nouvelles salles présentent notamment une centaine d’œuvres prêtées par les héritiers du collectionneur Plácido Arango.

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Au Mont Sainte-Odile, la restauration d’un site à l’épreuve du climat

Le sanctuaire alsacien restaure ses deux chapelles fortement exposées aux intempéries. Le chantier vise également à sécuriser le site. Ottrott (Bas-Rhin). « Un tel chantier, c’est un véritable défi logistique ! », reconnaît d’emblée Bertrand Fleck. L’architecte du patrimoine, qui supervise les travaux de restauration menés sur le Mont Sainte-Odile, en mesure chaque jour les difficultés : « Le trajet jusqu’au sommet est long, la plupart de nos véhicules ne peuvent pas emprunter le passage couvert au niveau du bâtiment d’entrée, certains matériaux doivent être hissés à l’aide de treuils… » C’est précisément l’emplacement du site, perché à 763 mètres d’altitude sur un promontoire des Vosges, qui rend sa restauration aussi complexe que nécessaire. Exposé au vent et aux intempéries, le célèbre sanctuaire alsacien entame aujourd’hui la restauration de deux de ses édifices : la chapelle des Anges et la chapelle des Larmes. « Ces chapelles sont situées au nord du site, sur un éperon rocheux battu par les vents, explique Bertrand Fleck. Elles subissent également de grands écarts de température, entre les faces ensoleillées et celles qui ne le sont pas.

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Julia Dartois à la direction de la Villa Kujoyama

Kyoto (Japon). Depuis le 1er septembre, Julia Dartois dirige la résidence française de Kyoto, succédant à Adèle Fremolle. Passée par le Musée Picasso-Paris et le French May Arts Festival de Hongkong, elle a participé à l’installation de la Fondation Fiminco à Romainville (Seine-Saint-Denis), avant de codiriger les Magasins généraux à Pantin (Seine-Saint-Denis), de 2022 à 2025. Elle était, depuis, attachée culturelle à l’Institut français du Kansai, au Japon. Relevant de l’Institut français du Japon, la Villa Kujoyama accueille des artistes et créateurs en résidence d’une durée de quatre à six mois.

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The satellite fairs are playing the niches card

The proliferation of satellite fairs around Art Basel Paris shows no sign of slowing. What was once a loose collection of alternative events has become an increasingly structured ecosystem, with each fair carving out a more specific territory. Geography remains one of the strongest dividing lines. Asia Now, founded in 2015 by Alexandra Fain, has grown into the largest Paris fair devoted to Asia and its diasporas, bringing together around 60 galleries, institutions and foundations and more than 200 artists. Its scope now extends from Central Asia to the Pacific, South Asia and West Asia. Akaa (Also Known As Africa), launched in 2016, focuses on Africa and its diasporas and brings together 37 galleries this year, while adding a new photography section. Menart Fair, created in 2021 by Laure d’Hauteville, goes further in targeting the modern and contemporary scenes of the Middle East and North Africa. Around 30 galleries and projects are taking part, with a format based on compact stands and strong mediation. Other fairs define themselves by medium or category.

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Une Durand-Ruel ouvre sa galerie à New York

New York. À l’heure où, inflation immobilière oblige, plusieurs galeristes ferment leurs succursales new-yorkaises, Victoria Mouraux Durand-Ruel, la descendante directe du marchand d’art Paul Durand-Ruel (1831-1922), ouvre les portes de sa propre galerie à Chelsea. La jeune femme de 28 ans bénéficie il est vrai d’un environnement familial très favorable : sa mère, Flavie Durand-Ruel, est chargée des archives de son célèbre aïeul, et son père, Frederick Mouraux, possède une galerie d’art contemporain à Bruxelles. Victoria Mouraux Durand-Ruel a multiplié les formations, sans doute pour acquérir sa propre légitimité. Quatre années de droit à Paris, un master Arts and Heritage à l’université de Maastricht (Pays-Bas), puis un nouveau master à l’université de San Francisco, le tout agrémenté de stages ou alternances au Metropolitan Museum à New York, à la foire Tefaf à Amsterdam ou un passage à Opera Gallery. « J’ai choisi Chelsea, car c’est le quartier de référence pour les galeries contemporaines à New York, et je souhaitais être au cœur de cet écosystème. » L’adresse est prestigieuse, à l’ouest de la 25e Rue, face au mastodonte Pace Gallery.

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Doit-on séparer le collectionneur de l’artiste ?

Projetons-nous : Paris, automne 2126 ; dans le bois de Boulogne, la Fondation Louis Vuitton présente une exposition-événement – « Jeff Koons, collectionneur, entrepreneur, créateur oublié ». Si ses sculptures désormais un peu ternies et cabossées séduisent encore quelques nostalgiques, ce sont les fleurons de sa collection qui aimantent la foule. Jamais réunies depuis leur dispersion un siècle plus tôt exactement (en novembre 2026 et février 2027, chez Christie’s à New York), les œuvres signées Fragonard, Manet ou Picasso côtoient celles de Dalí et de Magritte, cédées plus tard, au rythme de la dégringolade de l’ex-golden boy progressivement boudé par le marché. À l’instar de Gustave Fayet (1865-1925), actuellement célébré sur les mêmes cimaises, Léon Bonnat (1833-1922) ou Gustave Caillebotte (1848-1894) ne subirent pas pareille mésaventure en leur temps. Comme Koons, Bonnat était un artiste mondain et académique. Il connut donc un succès considérable, et convertit sa fortune en dessins de Michel-Ange et de Dürer, qui font la gloire du musée érigé pour eux dans sa ville de Bayonne, rouvert l’an dernier après une interminable rénovation.

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Les lauréats du Prix Bettencourt 2026

Sébastien Desplat, Louis Monier, Edgar Jayet et le Réseau Excellence EPV sont les lauréats de cette 27e édition. Paris. La Fondation Bettencourt Schueller a dévoilé, le 7 octobre, les noms des lauréats de la 27e édition du Prix pour l’intelligence de la main. Sébastien Desplat, graveur et imprimeur, reçoit le prix Talents d’exception pour Dans les bois, un livre réalisé selon la technique japonaise du moku hanga. Le prix Dialogues distingue le menuisier Louis Monier et le designer Edgar Jayet [voir ill.] pour Meslée, une chaise associant savoir-faire traditionnel et inventivité. Le prix Parcours récompense le Réseau Excellence EPV, qui fédère plus de 500 entreprises labellisées « Entreprise du patrimoine vivant ». Chaque prix est doté de 50 000 euros, auxquels peut s’ajouter un accompagnement financier.

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Arnaud Carayon veut faire dévoiler le plafond de Jules Lenepveu au Palais Garnier

Le descendant du peintre conteste la disparition visuelle du décor réalisé au XIXe siècle. Paris. L’arrière-petit-neveu à la quatrième génération du peintre Jules Eugène Lenepveu (1819-1898), et président de l’association de ses Amis, a mandaté un avocat pour obtenir le dévoilement du plafond original du Palais Garnier. Classé depuis 1923, ce décor est dissimulé depuis 1964 par celui de Marc Chagall, commandé par André Malraux. Après plusieurs démarches infructueuses menées auprès des pouvoirs publics, Arnaud Carayon envisage désormais une action en justice.

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Souraya Noujaïm prend la tête du Louvre Abu Dhabi

La conservatrice française succède à Manuel Rabaté, parti en mars. Elle rejoint un établissement confronté aux conséquences de la guerre. Abou Dhabi (Émirats arabes unis). Le Louvre Abu Dhabi a annoncé, le 7 octobre, la nomination de Souraya Noujaïm à la direction du musée. Elle succède à Manuel Rabaté, qui avait pris les commandes de l’établissement en 2016, un an avant son inauguration, et l’a quitté en mars dernier pour rejoindre le Kiran Nadar Museum of Art, à New Delhi (Inde). Cette désignation constitue la première succession à la tête du musée depuis son ouverture, en novembre 2017.

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Le photographe palestinien Mahmoud Abu Hamda doublement primé à Bayeux

Son reportage, réalisé dans la bande de Gaza, a convaincu le jury international présidé par Lyse Doucet et le public de l’édition 2026. Bayeux (Calavados). Le photographe indépendant Mahmoud Abu Hamda a remporté, le 10 octobre, le prix Nikon ainsi que le Prix du public de la 33e édition du prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Son reportage, intitulé « Ce que la guerre laisse derrière elle », réalisé à Gaza, montre notamment un enfant déplacé ayant emporté ses oiseaux dans un refuge. Le jury international, présidé par la journaliste de la BBC Lyse Doucet, distingue ainsi pour la troisième année consécutive un photographe gazaoui. Créé en 1994, le prix récompense des reportages réalisés dans les zones de conflit.

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Jean-François Hebert à la tête des dations

L’ancien directeur général des Patrimoines et de l’Architecture a été nommé par arrêté ministériel du 30 septembre. Paris. Jean-François Hebert (70 ans) succède à Jean de Boishue, qui met fin à son activité après quatorze ans à la présidence de la commission des dations. Énarque, ancien directeur de cabinet de la ministre de la Culture Christine Albanel, il a présidé le château de Fontainebleau (2010-2021), puis dirigé les Patrimoines au ministère de la Culture (2021-2025). Cette commission interministérielle examine les œuvres proposées à l’État en règlement de certains impôts et apprécie leur intérêt patrimonial et leur valeur.

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Carré d’artistes, l’art à prix fixe

Avec 40 galeries, 600 artistes sous contrat et environ 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, le réseau de galeries Carré d’artistes a bâti un modèle – plus ou moins rentable – basé sur un prix fixe par format et… une porte toujours ouverte. France. Tout commence au large de Minorque (Baléares, Espagne) au début des années 2000. Une violente tempête oblige le bateau de Stéphanie Tosi à accoster à Ciutadella. Là, elle pousse la porte d’une vieille église transformée en lieu d’exposition. S’émerveille. Des artistes y présentent des œuvres sur papier entassées dans des cagettes à des prix abordables. L’idée mûrit. Et quelques mois plus tard, elle démissionne de chez Masterfoods et ouvre sa première galerie à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) avec 300 000 euros de droit au bail, autofinancés par son associé et elle-même. « Aucune banque ne croyait en notre projet, mais il n’a fallu que six mois pour que l’activité prenne », explique la directrice générale de l’entreprise.

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Carré d’artistes bets on fixed-price art

Carré d’artistes has turned a simple retail formula into a €10 million art business: original works, fixed prices and a network designed for buyers who might never set foot in a conventional gallery. The company now operates 40 galleries, ten of them outside France, and works with around 600 artists. The concept dates back to the early 2000s, when founder Stéphanie Tosi visited an exhibition space in Ciutadella, Menorca, where affordable works on paper were displayed in crates. She later left Masterfoods and opened the first Carré d’artistes gallery in Aix-en-Provence. Its pricing model was deliberately transparent: size determines price. A 13 x 13 cm work currently sells for €114, while a 36 x 36 cm piece costs €499; larger works can reach €1,980. Tosi’s target was a clientele put off by the perceived elitism of traditional galleries and by the lack of price transparency in the art market. The formula proved scalable. In 2018, after her original business partner retired, Sofipaca, Laurent Dassault and Bpifrance injected €4 million into the company. Its model depends on a steady pipeline of artists.

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Investissement ou coup de cœur ?

Peut-on espérer voir grimper la valeur d’une toile achetée chez Carré d’artistes ? Entre le discours assumé de l’entreprise et le regard plus nuancé des professionnels du marché, la question reste ouverte.. Une œuvre achetée dans une galerie Carré d’artistes peut-elle prendre de la valeur ? Cette question, Stéphanie Tosi la désamorce avec une franchise presque désarmante. « Jamais nous ne prétendons que les clients vont faire un investissement ou gagner de l’argent avec leur achat », affirme la fondatrice de Carré d’artistes. Elle démonte au passage le mythe de la galerie classique comme valeur refuge en relatant l’histoire de ses amis qui ont payé 15 000 ou 20 000 euros une toile dix ans plus tôt dans une telle galerie et à qui on refuse aujourd’hui la reprise. Elle concède toutefois que « c’est normal puisqu’il serait difficile de la vendre au même prix ». Le directeur artistique de Carré d’artistes, Frank Arroua-Castillo, tient le même discours : « J’ai envie que les gens se fassent plaisir et non qu’ils pensent acheter aujourd’hui quelque chose à 114 euros qui en vaudra 200 demain.

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