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Arts et cultures

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Arts et cultures

Musées : le temps des promesses comptées

Politique culturelle. Le nouveau maire d’Abbeville vient d’abandonner le vaste programme d’extension et de rénovation du Musée Boucher-de-Perthes, lancé par son prédécesseur pour 30 millions d’euros. Un renoncement de plus dans une série devenue sensiblement plus longue qu’après les élections municipales de 2020 : Musée de la Préhistoire à Carnac, château d’Aubenas, Musée Nacéo aux Sables-d’Olonne… Le motif invoqué est presque toujours financier. Les nouveaux élus jugent ces investissements trop lourds pour des budgets locaux fragilisés par la baisse des recettes et des subventions, alors que d’autres priorités s’imposent. Mais derrière le coût de construction apparaît désormais une préoccupation plus décisive : celle du fonctionnement. Construire ou rénover un équipement culturel permet souvent de mobiliser des financements croisés de l’État, des régions ou des départements. Le faire vivre relève ensuite beaucoup plus directement de la collectivité. Salaires, entretien, énergie, programmation, communication : la facture revient chaque année.

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La Sagrada Família envisage son achèvement dans une dizaine d’années

Barcelone (Espagne). L’année du centenaire de la mort d’Antoni Gaudí aura marqué un tournant pour la Sagrada Família. Le 10 juin, le pape Léon XIV a béni et inauguré la tour de Jésus-Christ, point culminant de la basilique à 172,5 mètres. « Le bilan est très positif et a dépassé nos attentes », a déclaré Xavier Martínez, directeur général de la Sagrada Família, lors d’une conférence de presse organisée le 22 septembre. Le chantier est pourtant loin d’être terminé. Après les tours centrales, la priorité passe désormais à la façade de la Gloire, entrée principale de la basilique imaginée par Gaudí. Ses quatre tours, qui culmineront à 120 mètres, sont déjà en construction. Elles reposeront sur huit grandes colonnes qui se ramifient en hauteur, aujourd’hui presque entièrement fabriquées. « Dans environ un an, nous devrions commencer à élever les colonnes », indique Jordi Faulí, architecte directeur de la Sagrada Família. Pour préparer cette nouvelle phase du chantier, les équipes ont mis au point un prototype de dix mètres de haut afin de tester le système de construction et d’assemblage des futurs clochers.

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Les thermes de Trajan renaissent à Rome

Rome. Un nouveau musée a ouvert ses portes en septembre à Rome. Celui archéologique des Thermes de Trajan. Ses vestiges se dressent au sommet du Colle Oppio, surplombant le Colisée. Inaugurés en 109 après J.-C. par l’empereur qui leur a donné son nom, ces thermes constituent le tout premier modèle des « grands thermes » impériaux de Rome. On doit leur conception à Apollodore de Damas, le plus célèbre architecte de son époque, qui bâtit un vaste complexe qui s’étendait à l’origine sur plus de 60 000 m². Les travaux pendant l’Antiquité ont intégré plusieurs structures plus anciennes, notamment certains sous-sols et galeries dépendant de la légendaire Domus Aurea de Néron. Une nouvelle campagne de fouille lancéeUne partie d’entre elles avaient été mises au jour au début des années 1990 et ont fait l’objet d’une nouvelle campagne de fouilles archéologiques et de restauration, financée par le plan de relance européen.

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Paris Musées : la sécurité à quel prix ?

Gestion des risques. Comme l’État pour le Louvre, Paris Musées est son propre assureur pour ses bâtiments et ses collections permanentes mais doit composer avec un budget municipal, celui de Paris. « Je suis mon propre assureur à la fois pour les bâtiments et les collections », confirme sa directrice générale, Anne-Sophie de Gasquet. « En revanche, j’assure de manière systématique l’ensemble de mes expositions temporaires chez un assureur commercial avec une couverture dite clou à clou qui s’étend du départ de l’œuvre chez le prêteur jusqu’à son retour », ajoute-t-elle. La vigilance des musées, Anne-Sophie de Gasquet en situe l’origine bien avant le Louvre. Tout s’enclenche vraiment en mai 2010 lorsque cinq toiles de maître sont dérobées au Musée d’art moderne de Paris. Et jamais retrouvées. « C’est un moment fondateur pour nous », confie-t-elle. Un premier programme de sécurisation de 17 millions d’euros a été mis en place entre 2010 et 2015, suivi d’un plan de rénovation de 120 millions d’euros sur dix ans, assorti d’un volet sécurité intégré à chaque chantier.

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Assurer les musées, un défi croissant

France. Cinq minutes. C’est le temps qu’il a suffi le 8 septembre dernier aux deux cambrioleurs masqués et cagoulés pour s’introduire dans le Musée Renoir à Cagnes-sur-Mer et en repartir avec quatre toiles du maître. Deux ont été retrouvées. Reste un préjudice à 9 millions d’euros (*). Un vol en forme de pied de nez près d’un an après le cambriolage retentissant du Louvre en plein Paris, au cours duquel ont été dérobés huit joyaux de la Couronne de France. Loin d’être des séquences isolées, l’Hexagone assiste depuis trois ans à une vraie banalisation de ces cambriolages. Nos musées sont-ils des passoires ? En tous les cas, Jean Gazançon, PDG d’Arte Generali est catégorique. « Je n’aurais jamais assuré la galerie d’Apollon du Louvre, lâche-t-il. Tout le monde savait que ses conditions de sécurité étaient déplorables. » Le balcon de la galerie avait déjà été signalé comme « point de vulnérabilité » par un audit de sécurité en 2018 qui, exploité par les voleurs, a révélé au public l’absence d’assurance du Louvre pour ses collections.

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La tapisserie de Bayeux rebattrait les cartes

Quand en juillet 2025, Emmanuel Macron confirme sa promesse faite sept ans auparavant de prêter la tapisserie de Bayeux à l’Angleterre, il déclenche une tempête parmi des conservateurs et des restaurateurs. Il faut dire qu’il pratiquait sans ménagement une nouvelle fois le fait du Prince-Président. Il raillait publiquement les expertises pratiquées peu avant qui déconseillaient le transport de cette broderie réalisée avec des fils de laine sur un support de lin. Une trentaine de déchirures non stabilisées auraient été constatées comme dix mille trous. Expertises conformes à celles menées dans le passé qui avaient fait refuser trois demandes britanniques de prêt en 1953,1966 et 1986. Au cours des siècles récents, l’œuvre millénaire n’a été déplacée qu’à deux reprises, dans des contextes très particuliers. Pour motiver ses compatriotes contre les Anglais, Napoléon exige l’exposition au Louvre de novembre 1803 à février 1804 de cette narration de la conquête de l’Angleterre par Guillaume de Normandie à la faveur de la bataille d’Hastings en 1066. Elle est à nouveau déplacée puis transférée au Louvre en juin 1944 sur ordre de l’occupant nazi. Depuis juillet, elle est au British Muse

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Musées et assureurs, une collaboration

Les assureurs interviennent désormais dès la conception des expositions et des bâtiments. Une collaboration qui renforce la sécurité des musées, sans éliminer les risques. Prévention. Le vrai basculement n’est pas tarifaire. Il se joue en amont dans la manière dont les assureurs regardent désormais le musée lorsqu’ils ont gagné l’appel d’offres. Chez AXA XL, Daphné de Marolles décrit une grille d’analyse devenue systématique. « Nous analysons très en amont les conditions d’exposition, les modalités d’accès du public, les dispositifs de prévention et de protection, les procédures internes en cas d’urgence dont l’évacuation des œuvres par exemple », précise-t-elle. Cette anticipation se traduit aussi par des choix de scénographie concrets pensés comme un outil de sécurité à part entière. Éloigner les œuvres les plus sensibles de l’entrée, répartir les pièces les plus précieuses dans différentes vitrines ou concevoir un parcours moins direct sont des mesures simples mais très efficaces. Aurélia Farkoa chez Morel & Cie décrit la manière dont cette vigilance s’organise avant une exposition sensible.

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La ville du Havre affirme son identité de port maritime

Maquettes de paquebots, objets de dockers et navires historiques doivent rejoindre en 2027 un bâtiment installé sur les docks, dont le projet scientifique reste à préciser. Le bassin Paul Vatine, où naîtra le pôle de valorisation du patrimoine maritime et portuaire du Havre.© Philippe Breard

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À Nantes, l’École de design cherche un nouveau souffle

France. Ils étaient 228 en septembre 2024, ils ne sont plus que 150, deux ans plus tard. En dépit du prestige de ses enseignements – il est le seul diplôme délivré par une école de design privée à conférer le grade de master en France –, le diplôme de designer Bac+5 de l’École de design Nantes Atlantique peine à rester attractif pour les primo-étudiants. « Nous avions déjà été confrontés à une diminution du nombre d’élèves en 2025, et la tendance s’est confirmée cette année », constate Christian Guellerin, le directeur de l’établissement. La formation, qui comptait, en 2025-2026, 200 inscrits en première année, accuse en cette rentrée 2026-2027 une contraction de ses effectifs étudiants à hauteur de 25% par rapport à l’an passé, et ce, alors que le nombre d’élèves avait déjà baissé de 12% entre septembre 2024 et septembre 2025. Les répercussions économiques sont lourdes pour l’école d’arts appliqués : l’écart entre le nombre espéré d’étudiants en première année (180) et le nombre réel d’inscrits cette année représente une perte de 225 000 euros de chiffre d’affaires, les frais de scolarité s’élevant à 7 500 € pour la première année.

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L’avenir du centre d’art du Château d’Aubenas en suspens

Aubenas (Ardèche). En février 2026, un mois avant les élections municipales, l’équipe du Château d’Aubenas organisait un comité de suivi avec la région et la Drac Auvergne-Rhône Alpes, le département de l’Ardèche et le maire de la ville, Jean-Yves Meyer (DVD), à l’origine de la réhabilitation du Château et de sa reconversion en centre d’art contemporain et du patrimoine. Il s’agissait de lancer le recrutement d’un nouveau directeur artistique – après le départ de Victor Secretan en novembre 2025 – dans le respect des règles nécessaires à la candidature au label « Centre d’art contemporain d’intérêt national ». Après la victoire de Jean-Romain Ribeyre, candidat divers droite soutenu par le maire sortant aux élections, la question de la poursuite du recrutement se pose, au regard des différentes déclarations du nouvel élu, tant sur la réorientation de la vocation du Château souhaitée qu’il souhaite plus ouverte au patrimoine et au territoire, que sur sa volonté de réduire de moitié le coût de fonctionnement de l’établissement pour la commune.

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