
Un monde d’après qui est déjà le nôtre - Regards protestants
Oui : le monde d’aujourd’hui préfigure déjà le monde d’après, et, sur plusieurs plans, il l’est déjà. L’expression monde d’après ne désigne alors pas un futur lointain, mais le présent même en tant qu’il est structuré par des crises devenues normales. Voilà que le conjoncturel devient structurel sous les plumes d’analystes avisés. On peut identifier plusieurs registres où le présent fonctionne comme préfiguration active du monde d’après: climat et catastrophes, la fin du droit international pour les grandes puissances, la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, les menaces hybrides et l’usage de l’économie comme arme, le vieillissement accéléré, le déclin démographique, la stagnation européenne, etc. Dans chacun de ces domaines, le présent n’est pas une simple transition vers un futur incertain: il est déjà l’incarnation concrète d’un nouvel ordre, plus instable, plus violent, plus contraint.



