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Le 8 décembre 1980, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre affrontaient les Dolphins à Miami. C’était un lundi soir. Il restait trois secondes à l’horloge et les Patriots, tirant de l’arrière 10-13, se préparaient à botter le placement égalisateur. C’est alors que le commentateur Howard Cosell interrompit la description du match pour prononcer ces mots : « We have to remember this is just a football game, no matter who wins or loses… » (« Il faut se rappeler que c’est juste une partie de football, peu importe qui gagne ou perd… »)Une remarque très peu « cosellienne », songea, à trois fuseaux horaires de là, l’écrivain Ken Kesey, auteur du célébré Vol au-dessus d’un nid de coucou. Kesey jetait un coup d’œil au match du lundi soir pendant qu’une paire de canards sauvages tirés par ses fils sur l’étang de la ferme familiale, en Oregon, mijotaient au four. Cosell annonça alors à l’Amérique que John Lennon venait d’être abattu, à Manhattan, de deux balles dans le dos. 1980 : un déséquilibré avait sonné la fin de l’ère psychédélique, comme le comprit intuitivement le héros d’Acid Test de Tom Wolfe. C’était avant les chaînes d’information en continu.
Après des décennies de surplace, le boulevard Wilfrid-Hamel, à Québec, a emprunté la voie rapide de la densification. Des bâtiments imposants ont surgi le long de cette artère reliant le Centre Vidéotron à l’aéroport Jean-Lesage. Une tour d’habitation de 40 étages est à l’étude. Si le projet va de l’avant, il s’agira de la plus haute tour de la capitale. Le paysage bigarré du boulevard Wilfrid-Hamel est typique des strips, ces rues principales nord-américaines avec leurs stations d’essence et leurs chaînes de restauration rapide. Un détaillant de stores verticaux y côtoie un minigolf, un bar laitier de style polynésien et… les bureaux du Parti libéral du Québec. Cet axe mal-aimé a été modelé par le flot automobile qui a déferlé sur la capitale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « C’était l’époque où l’on entrait dans les villes par les anciens chemins de rang », observe le codirecteur général de l’organisme Vivre en ville, David Paradis. « On y construisait toutes sortes de commerces qu’on ne voulait pas au cœur des villes. »
Ses demeures rurales du XVIIIe siècle sont disparues depuis longtemps.
Adrienne Barbeau est bien des choses : une autrice, une productrice, et surtout, une actrice culte. Sortis à la queue leu leu, les tout aussi cultes The Fog (Le brouillard, 1980), Escape from New York (New York 1997, 1981), The Swamp Thing (La créature des marais, 1982) et Creepshow (Histoires à mourir debout, 1982) ont, en effet, fait d’elle une icône. Récemment, le Festival du nouveau cinéma a invité Adrienne Barbeau à venir présenter des projections spéciales des deux premiers titres. La nouveauté horrifique Oddities était également au programme. On s’est entretenue avec celle dont le visage demeure l’un des plus emblématiques du cinéma d’épouvante — et des genres avoisinants.
Native de la Californie, mais s’exprimant dans un merveilleux français — héritage canadien-français du côté paternel —, Adrienne Barbeau confesse ne s’être jamais sentie d’affinités avec l’horreur. « Je n’aime pas avoir peur. À ce jour, je n’ai pas vu Psycho [Psychose], c’est vous dire », confie la comédienne à qui l’on ne donnerait jamais 81 ans. Pour le compte, c’est par l’entremise du théâtre musical qu’Adrienne Bardeau eut la piqûre du jeu.
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Si Gisèle Lamoureux ne se considérait pas comme une militante par nature, le projet d’expansion du site d’enfouissement de Stablex l’aurait certainement empêchée de dormir. La botaniste à qui l’on doit la Loi sur les espèces menacées et vulnérables (1989) aurait rué dans les brancards, à coup sûr, en apprenant qu’aucun inventaire biologique de la grande tourbière de Blainville n’a été réalisé avant qu’on donne le feu vert à Stablex pour enfouir 8 millions de tonnes de déchets dangereux. Cette chevalière de l’Ordre national du Québec « en amour total avec la Nature du pays québécois », racontait l’ethnohistorien Michel Lessard dans une lettre ouverte publiée à son décès, se sentait une responsabilité morale par rapport aux plantes menacées et un devoir face à la vie.
Adopté en Russie à l’âge de dix mois par un couple de Français, Alexis est mort en avril 2025 en combattant l’armée russe, en Ukraine. Son corps est toujours sur le champ de bataille et ses parents veulent le ramener à la maison. Coûte que coûte.
C’est dans un groupe Instagram que Jean-Philippe a appris la mort de son fils, parti combattre en Ukraine et dont le corps est toujours là-bas. Pas d’appel téléphonique ni d’officier de l’armée sur le pas de la porte. Seulement une photo et un message en anglais publiés sur le profil d’un soldat de la Légion internationale : « Repose en paix. » Ce jour d’avril 2025, le monde s’est effondré pour cette famille française. Sans nouvelles de son fils depuis une semaine, le père de famille scrutait des heures durant l’écran de son téléphone intelligent à la recherche d’un signe de vie. Alexis avait prévenu qu’il partait en mission avec son unité. La première et la dernière. Le jeune homme avait 23 ans. Il a perdu la vie le 14 avril, dans la région de Zaporijjia, fauché par l’artillerie russe.