Retour à la terre avec Les Marquises - Addict Culture
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Après l’album Soleils noirs, qui était déjà celui d’une rupture importante, avec un disque de deux titres d’une vingtaine de minutes chacun et instrumentaux, voici le retour du duo formé par Jean-Sébastien Nouveau et Martin Duru, Les Marquises, avec un nouvel album nommé Malaterre. Nouveau changement : pour la première fois tous les titres sont chantés/parlés en français. 8 titres pour environ 35 minutes envoûtantes, mystérieuses et disons le tout de suite grandement réussies.
L’évolution des Marquises fait inévitablement penser à Talk Talk, groupe référence pour les lyonnais. Comme les anglais et leur leader Mark Hollis, Les Marquises me semble aller de plus en plus vers une sorte d’abstraction, délaissant complètement le format pop classique du couplet-refrain, pour une musique lente, parfois faite de boucles répétitives dans laquelle (toujours Talk Talk) le silence prend de plus en plus de place, de même que l’onirisme et ici, spécifiquement sur Malaterre, une omniprésence de la nature, tant dans les paroles que dans la musique, assez organique.
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Avec Malaterre, Jean-Sébastien Nouveau déplace doucement les contours des Marquises. L’emploi du français introduit une proximité nouvelle, sans pour autant dissiper les textures étranges et les matières sonores instables qui caractérisent son univers. Plus épuré, plus intime ? Difficile de trancher. Entre clarté et mystère, le disque cultive ses zones d’ombre, trouvant dans cette indétermination même toute sa force. L’acte artistique naît souvent d’une rencontre, parfois inattendue, entre l’histoire, les références et les sensibilités d’un créateur et celles de celui qui écoute. Une rencontre qui échappe en partie aux intentions de chacun. On arrive avec son propre vécu, ses souvenirs, ses habitudes d’écoute, et quelque chose se produit, ou pas. Que changent-elles, ces œuvres, se demande-t-on ? Pas nécessairement quelque chose de spectaculaire. Peut-être une manière différente d’écouter, de regarder autour de soi, de retrouver un souvenir ou de faire une place à ce que l’on ne comprend pas immédiatement. Certaines musiques nous accompagnent longtemps après leur écoute, sans que nous sachions précisément ce qu’elles ont déplacé en nous.

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