Derrière la puissance chinoise, la sinologue Anne Cheng s’inquiète d’une pensée étouffée - Radio-Canada

Au moment où Pékin impose de plus en plus son poids diplomatique et technologique, la sinologue Anne Cheng s’inquiète pour l’avenir de ce pays où la pensée libre n’existe plus. Elle met en garde contre une certaine fascination pour la Chine, qui fait passer la puissance économique avant les libertés. La réception en grande pompe du président chinois à Washington le mois dernier, accompagnée d’une prolongation de la trêve commerciale entre les deux puissances jusqu’en janvier prochain, illustre à ses yeux la place des intérêts économiques dans les relations avec Pékin. Ça a toujours été business first. C'est toujours les affaires qui priment. C'est ce que disait en fait Pierre Ryckmans (alias Simon Leys), qui, juste après le massacre du 4 juin 1989 sur la place Tiananmen, constatait que, dès le lendemain de la tuerie, beaucoup de leaders du monde entier s'attablaient de nouveau à la table des assassins, soutient Anne Cheng en entrevue par visioconférence. La titulaire de la chaire Histoire intellectuelle de la Chine au Collège de France depuis 2008 s’inquiète surtout de l’avenir d’un pays dont les succès masquent, selon elle, un rétrécissement de l’espace pour penser et créer.
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